Retour sur l’Open data Camp des douanes

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Retour sur l’Open data Camp des douanes

Le 20 mai 2015, Cap Digital a accueilli dans ses nouveaux locaux l’open data camp des douanes co-organisé par la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) et la mission Etalab rattachée au Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP).

De nouvelles données mises à disposition

Les projets présentés

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Le nombre d’agents des douanes est en diminution. Cette baisse est toutefois limitée pour les postes de surveillance sur le terrain. Concernant les autres agents, il est difficile de distinguer dans les données les postes alloués spécifiquement à la lutte contre la fraude.

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Le nombre d’agents est indiqué par région depuis 2012. En revanche, les saisies effectuées (disponibles depuis 2010) sont agrégées au niveau national. Sous cette forme, elles ne permettent pas de comparer les saisies effectuées dans chaque région et d’évaluer l’influence du facteur humain dans leur nombre et leur type.

Le nombre de saisies est en augmentation (parfois très importante) dans presque tous les domaines. Celles-ci ne sont pas forcément liées au nombre d’agents, mais également à l’évolution des trafics et aux moyens technologiques utilisés pour les détecter.

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 Pour améliorer l’efficacité des agents, les douanes investissent dans des outils informatiques permettant de diminuer le temps de rétention des marchandises à déclarer, et dans des technologies de détection et d’aide au renseignement. C’est ce que montrent les marchés publics, disponibles depuis 2006 (PDF) et en version exploitable (tableur) depuis 2013.

2015-06-25 15_32_31-#DatadouaneLe tableau ci-dessous liste les marchés publics supérieurs à 20 000 euros notifiés par les services informatiques et l’aéronavale depuis 2013.

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Le code source du projet est disponible sur Github.

  • French Cheese Power (Thibault Storai – Victor Hatinguais – Khalid Meskinia)

La France est le premier exportateur mondial de fromage. Le groupe de travail a décidé d’analyser cette exportation de masse à la lumière des nouvelles données de la douane publiées lors de l’Open Data Camp.

Les données exploitées comprennent les imports/exports de fromages depuis 2012, la classification fromagère selon la norme douanière internationale NC8, les populations urbaines des différents pays du monde ainsi que le nombre d’expatriés français dans chacun de ces pays.

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Les données ont été chargées dans une base de données Aster à l’aide de l’outil Teradata Studio. L’usage du logiciel Tableau et de l’interface SQL disponible sur la plateforme Teradata Aster nous ont permis de rapidement charger, comprendre, croiser et analyser les données en notre possession.

La représentation des exportations de fromages par pays destinataire nous a permis de constater, d’un seul coup d’œil, de forts liens entre la France et ses voisins européens mais également avec les États-Unis. Cette première visualisation nous a également permis de mettre en exergue de légères inconsistances dans les sources de données, amenées à être corrigées.

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De simples jointures de tables en SQL nous ont permis de rapporter la quantité de fromage exportée par pays au nombre d’habitants vivant dans ces pays. En croisant ces données avec les informations de la nomenclature NC8, les exportations ont été assignées à différentes catégories (brie, fromage frais, camembert, fromage fondu, saint nectaire, etc.) amenant à une curieuse découverte. Le Luxembourg (500k habitants) importerait chaque année depuis la France l’équivalent de 90 kilogrammes par habitant ! À titre de comparaison, un français consomme en moyenne 23 kilogrammes de fromage par an… Les hypothèses explicatives avancées incluent l’existence d’une usine de transformation ou bien d’une plateforme logistique pour redistribution.

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L’étude des effets de saisonnalité sur les trois dernières années permet de faire ressortir un pic des exports à la saison des fêtes (mois de novembre et décembre) sur certaines catégories de fromages. La saisonnalité varie suivant les habitudes de consommation des pays importateurs et suivant les traditions de chacun. Cette analyse pourrait permettre d’affiner les connaissances des producteurs de fromages français en matière d’exportations et éventuellement d’améliorer leurs prévisions.

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L’actualité et la géopolitique ont bien évidemment une incidence sur les exportations françaises et les produits fromagers n’y échappent pas. Lors de la période d’étude 2012-2015, nous avons notamment constaté une forte baisse des exportations vers la Russie qui semble coïncider avec des dates clé de la crise ukrainienne. Le 21 novembre 2013, le gouvernement ukrainien abandonne la signature de l’accord d’association avec l’UE et les exportations de certaines catégories de fromages vers la Russie chutent immédiatement. Le 17 juillet 2014, un vol Malaysia Airlines est abattu en plein ciel près de la frontière russe ; les exportations de fromage vers la Russie cessent totalement le mois suivant.

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L’étape suivante de notre analyse nous a mené à l’étude des affinités entre variétés de fromages à l’export en fonction des pays importateurs. En filtrant le nombre d’arrêtes visibles (« Edge Visibility ») sur le diagramme d’affinités, les groupes de fromages fréquemment associés à l’export ressortent davantage.

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Il pourrait alors être intéressant de retrouver les pays ne respectant pas ces associations typiques, important fréquemment depuis la France un élément d’une association fréquente (par exemple, Brie-Camembert) sans en importer les autres éléments. Des raisons traditionnelles, financières ou de goût peuvent expliquer ces particularités. Les habitants du pays concerné pourraient également ne tout simplement pas connaître la variété de fromage dont il est question… Ce type d’analyse, exploitées par les associations de producteurs de fromages, pourraient orienter leurs décisions de développement à l’étranger ou leur permettre de travailler avec les entités de l’état et les douanes pour faciliter les procédures ou favoriser l’allégement des coûts d’import/export.

Chacune des analyses entamées lors de cette étude sur le rayonnement des fromages français à l’international soulève de nouvelles questions qui mériteraient d’être explorées plus en profondeur. Ce hackathon, organisé par la mission Etalab, nous a permis d’explorer rapidement les données mises à notre disposition.

  • Carte des ressorts des TGI autour de Lyon: (@cq94)

C’est dans le cadre de la loi relative à la répartition du contentieux et de l’allégement de certaines procédures juridictionnelles qu’a été transféré le contentieux douanier du tribunal d’instance (TI) au tribunal de grande instance (TGI).

Ce transfert censé améliorer la gestion des contentieux douaniers par les tribunaux, est parfois plus compliqué qu’il n’y parait avec les difficultés rencontrées par les douanes de définir clairement les ressorts des TGI.

Partant de ce constat, Christian Quest, Président d’Open Street Map France a réalisé une carte réutilisant les données publiques mises à disposition par le ministère de la justice relatives aux tribunaux de grande instance afin de cartographier précisément les ressorts des TGI.

tgimap

Cette réutilisation est disponible ici.

  •  Impact d’une crise sanitaire sur les échanges commerciaux de la France: l’exemple d’Ebola:

L’idée de départ est de comparer les import/export de la Guinée, du Libéria et Sierra Leone avant et pendant l’épidémie d’Ebola.

Les outils utilises sont:

  • Scrap des données avec Outwit-hub
  • Nettoyage avec Openrefine
  • Extraction des données Douane SH avec Rstudio et Excel
  • Dataiku DSS
  • Owncloud pour le dépôt de données
  • Données épidémie sur Wikipédia

Rappel sur l’épidémie:

ebola

Etat des lieux des importations et exportations (moyenne 2012-2014 en millions d’euros)

Sans titre

Problèmes rencontrés:

  • Les échanges commerciaux faibles et peu réguliers avec ces trois pays
  • Matériel médical des ONG pas toujours déclaré lors des  situations d’urgence
  • Nomenclature NC8 toujours floue pour les chiffres nous important (instruments de médecine)
  • Opérations sur le minerai de fer prévue de longue date (2013) par Arcelor Mital, non bloquée par Ebola

Exemple d’impact « positif sur l’exportation:

douanes

Exemple d’impact « négatif» sur l’exportation:

douanes1

Exemple de non-impact ou d’impact faible à l’importation:

douanes3

Conclusions:

Compte tenu des données mises à disposition en open data ainsi que des analyses qui ont été réalisées, il s’avère que la crise Ebola a eu un très faible impact sur les échanges commerciaux avec la France.

 

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À propos de l'auteur:

Etalab / SGMAP

Service du Premier ministre, au sein du Secrétariat Général pour la Modernisation de l'Action Publique, en charge de l'ouverture des données publiques et du gouvernement ouvert

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