La démocratie à l’heure du numérique : retour sur la conférence RightsCon 2019 et les travaux présentés par Etalab

L’évènement RightsCon a eu lieu cette année à Tunis du 11 au 14 juin 2019. Organisé par l’association Access Now, il rassemble chaque année la communauté des acteurs de la protection de la démocratie et des droits de l’homme à l’ère du numérique. Organisations de la société civile, journalistes, chercheurs, activistes, organisations internationales, représentants de pays mais aussi d’entreprises, telles que Facebook et Google : plus de 3000 personnes ont participé à 450 sessions.

Problématiques au cœur de l’actualité, les thèmes les plus abordés mêlent droits de l’Homme, démocratie et cybersécurité : protection des données personnelles et lutte contre la surveillance de masse; l’utilisation de l’intelligence artificielle et des algorithmes public; les restrictions d’accès à Internet; la lutte contre les contenus violents et extrémistes en ligne, le futur des médias.

==> voir les principaux apprentissages résumés par Access Now : https://www.rightscon.org/rightscon-tunis-learnings/

La France était représentée par Henri Verdier, Ambassadeur chargé du numérique, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et Etalab.

Etalab a présenté ses travaux sur les algorithmes publics et a participé à différentes sessions sur l’intelligence artificielle, notamment à la session “solve my problem” dont l’objectif est de coordonner les initiatives des différents acteurs au niveau global. Constat partagé : la redevabilité des algorithmes est une problématique récente. Les différentes initiatives à ce sujet en sont encore à leurs débuts, d’où l’importance du dialogue pour partager des bonnes pratiques. Ainsi, pendant la table ronde “With great power comes great responsibility: keeping public sector algorithms accountable” organisée et animée par Etalab, Susan Hough (gouvernement canadien) a présenté l’outil open source d’évaluation de l’incidence algorithmique développé par le gouvernement canadien pour tester les algorithmes publics avant leur conception. Natalia Carfi, de l’organisation Open Data Charter, a abordé le sujet de la redevabilité des bases de données utilisées pour entraîner les algorithmes et Fanny Hidvégi, de l’ONG Access Now, a fait le pont entre les sujets de transparence des algorithmes et le cadres juridiques des droits de l’homme. 

Etalab a aussi animé une table ronde sur “Fighting for Human rights and democracy in the digital world: new tools, new actors – how to be more efficient?” à laquelle ont participé Henri Verdier, Ambassadeur de France chargé du numérique, Peggy Hicks du bureau des droits de l’Homme des Nations Unies, Elodie Vialle de Reporter sans frontières; Fanny Hidvégi d’ Access Now; Rauno Merisaari, Ambassadeur de Finlande pour les droits de l’Homme et la Démocratie et Deirdre Collings de la Fondation SecDev. Le constat est qu’il y a aujourd’hui beaucoup (trop?)  d’initiatives et de forums qui travaillent sur la définition des principes et des normes sur l’intelligence artificielle, la protection des données personnelles et la régulation des contenus en ligne. Ces forums ne se coordonnent pas, n’impliquent que trop peu la société civile et sont souvent éloignés des réalités du terrain.  La démocratie à l’ère du numérique est un sujet qui nous concerne tous (pays du Nord, pays du Sud etc.). Les gouvernements et institutions internationales apprennent et prennent des mesures en avançant, mais sur le terrain, pour les activistes, journalistes, blogueurs ou citoyens menacés, il y a de réelles urgences auxquelles il faut pouvoir répondre vite.